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Objectifs de la journée d'étude

Cette journée d’étude vise à construire un espace d’échange et de réflexion autour des recherches portant sur la prostitution juvénile, l’exploitation sexuelle, les formes de transactions sexuelles ou encore les sexualités négociées chez les jeunes c'est-à-dire de toutes les formes de sexualités avec contrepartie financière matérielle et/ou symbolique. Au-delà de la définition juridique, il s’agira de s’interroger sur les manières de nommer ces pratiques et les enjeux que cela recouvre pour la sociologie : entre catégories indigènes et concepts sociologiques mobilisés. Dans un contexte marqué par une préoccupation médiatique et politique croissante autour de la prostitution des mineur·es, comment les recherches en sciences sociales permettent de comprendre la construction progressive des politiques publiques de lutte contre la prostitution des mineur·es, mais aussi des pratiques et représentations des jeunes concerné·es, des professionnel·les travaillant auprès d’elles et eux.

Cette journée d’étude a pour objectif de donner à voir des recherches en cours ou terminées récemment et offrir un espace de réflexion sur les méthodes d’enquêtes portant sur des sujets sensibles. En effet, l’analyse des travaux antérieurs a montré une diversité de manières de pouvoir saisir les enjeux de transaction sexuelle, prostitution, escorting, michetonnage en particulier chez les jeunes. Certaines équipes ont intégré des jeunes dans leur méthode d’enquête, même si la majorité n’a pas réalisé d’entretiens avec les jeunes concerné·es. D’autres travaux se sont concentrés sur des dossiers judiciaires, des dossiers administratifs de l’ASE ou encore ont mené des recherches à partir d’entretiens avec des professionnel·les.

Les axes de recherche

Trois axes réuniront chercheuses et chercheurs qui mènent des enquêtes sur les jeunes, les professionnel·les travaillant auprès d’elles et eux, mais aussi sur les politiques sociales et/ou politiques de sécurité. Compte tenu de la diversité des méthodes mobilisées pour analyser les transactions sexuelles juvéniles : méthodes qualitatives, quantitatives, études de cas, analyse des politiques publiques etc, Chaque communication reviendra sur le dispositif d’enquête mis en place et les éventuelles difficultés rencontrées.

 

1- Comprendre les pratiques et les représentations des jeunes sur la sexualité et les transactions sexuelles (qu’elles soient rémunérées ou avec tous types de contreparties). Il s’agit de s’intéresser aux jeunes concerné·es ou faisant partie de leur entourage, dans le but de saisir comment les échanges sexuels se mettent en place et comment caractériser les interactions entre les acteur·rices impliqué·es du point de vue du genre, de l’âge, de la classe, de la race.

 

2- Comprendre les pratiques et les représentations des professionnel·les qui travaillent auprès des jeunes, qu’il s’agisse des professionnel·les de l’Aide Sociale à l’Enfance de la Protection judiciaire de la jeunesse, de l’éducation nationale ou encore de l’animation socioculturelle etc. Quelles sont leurs manières de faire (justifications, interventions, limites), leur agentivité ?

 

3- Saisir comment les politiques publiques – aux différents échelons territoriaux - se sont emparées de ces questions, non sans lien avec la « stratégie nationale de lutte contre le système prostitutionnel et l’exploitation sexuelle » (mai 2024) qui se traduit par la mise en place de diagnostics territoriaux sur la prostitution des mineur·es. Dans ce cadre, comment les politiques publiques viennent-elles (re)structurer les formes de vigilance, les modes d’action et la formation des équipes ?

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